Résumé : Lorsque l'on ouvre le premier roman d'Olivier Adam, on se retrouve très vite au beau milieu d'un supermarché. Et pour une fois, l'on n'est pas pressé d'en sortir. Les produits et les codes-barres défilent sous nos yeux, comme ils défilent à longueur de journée sous les yeux de la caissière, Claire. Claire n'a pas vingt-cinq ans. Lorsqu'elle a quitté ses parents et sa banlieue originaire pour s'installer à Paris, elle a trouvé cet emploi de caissière dans un supermarché de la rue des Martyrs. Entre deux codes-barres ou deux cartes bleues, elle pense à Loïc, son petit frère. Lui aussi a quitté la demeure familiale. Après une dispute et il n'est jamais revenu. De temps à autre, il envoie une carte postale à Claire, juste pour lui dire : ? Je vais bien, ne t'en fais pas. ? Depuis la disparition de Loïc, Claire est perdue, perdue dans Paris. Un Paris qui vit au rythme des chansons de Dominique A, de Yann Tiersen ou de Diabologum. Dans les soirées de ? cultureux ?, Claire s'ennuie. Ou elle se fait avoir par des types. Si Loïc était là, il saurait, lui. Ce qu'il faut faire, ce qu'il faut dire. Comme avant. Le plus difficile pour Claire, c'est de ? vivre avec son absence aussi complète, son silence, l'incertitude, le doute sur ce qu'il devient, sur le fait qu'il soit en vie ?. C'est ce que Julien comprendra lorsqu'il fera connaissance avec la caissière qui le voit passer, lui et ses ? tranches de jambon, ses courgettes ? ou sa bouteille de whisky. Un peu paumé lui aussi. A deux, ils réussiront peut-être à exister dans ce monde où tout leur échappe.
Notes : Olivier Adam a vingt-cinq ans. Son premier roman n'a pas l'hésitation de certains premiers romans. L'écriture est au contraire pleine d'aisance. De simplicité et de justesse aussi lorsqu'elle aborde les non-dits, les silences d'une famille où, si l'on s'aime, on ne se le dit pas. Je vais bien, ne t'en fais pas, est un récit que l'on ne repose pas avant de l'avoir fini. On voudrait aussi qu'il ne finisse pas, pas tout de suite.